Exposition passée
40 ans
Pour ses quarante ans, la galerie n'a pas cherché à faire nombre. Elle a choisi trois noms — Jansem, Claude Venard, Bernard Buffet — et leur a consacré chacun une affiche, illustrée d'une de leurs œuvres. Trois affiches pour une seule exposition : une manière de dire que ces peintres ne se résument pas les uns aux autres. Ils appartiennent pourtant à la même famille. Celle de la figuration d'après-guerre, de l'École de Paris, de ces artistes qui ont opposé à l'abstraction triomphante une peinture de la figure et de la matière. Jansem et Buffet exposent dans les mêmes salons dès les années 1940 ; Venard, post-cubiste au couteau, expose avec Buffet dès 1949. Tous trois traversent le siècle avec une exigence commune et des langages irréductibles. Trois écritures, donc. La danseuse de Jansem, penchée, le visage caché dans la main, dans ces gris et ces blancs qui n'appartiennent qu'à lui. La nature morte de Venard, datée de 1950, où les objets se démembrent en plans gris et turquoise sous une matière épaisse. Et le bouquet de Buffet, fleurs rouges jetées sur un fond clair, cerné de ce noir tranchant qui est sa signature. Quarante ans à défendre ces peintres-là, avant même qu'ils ne soient les valeurs sûres qu'ils sont devenus : c'est l'histoire que cette exposition raconte.

Vues d’accrochage
